Un atelier Ouvert à la création

 

L’école d’Art de calais met tous les ans, à la disposition d’un ou deux plasticiens, Une partie de ses locaux mais aussi son équipe pédagogique et sa logistique.Cette année, Hélène Vasseur et ses gravures ont investi l’espace

Hélène Vasseur s’est déchaussé avant d’entrer dans son atelier. Ce n’est pas que le plancher soit si précieux au premier étage de l’école d’Art de Calais, mais Hélène a un secret : Elle pratique la gravure sur bois et foule au pieds ses planches et papiers. De cette technique orientale, Hélène aime avant tout le côté physique où l’ensemble du corps passe à l’action.

Saison 2005-2006

Depuis la rentrée 2005, Hélène occupe les locaux de l’ARC et apprécie sans restriction cette aubaine de travail qui lui est offerte : « le plus important dans cette année à l’ARC est tout d’abord de pouvoir disposer de cet atelier où je peux travailler à mon aise et surtout bénéficier des conseils que peuvent me donner les professeurs. Ici on bénéficie d’un regard critique que l’on a pas chez soi. Un jour, l’un d’eux m’a dit « tu es en train de faire ce que tu sais faire, Hélène, réagis ».

Une famille de créateurs

Hélène accepte sans problème les critiques pour faire avancer son travail. Issue d’une famille de plasticiens (son père était professeur de dessin à Dunkerque et sa maman grave et écrit des poèmes), elle est habituée depuis toute petite à faire fi de tout orgueil mal placé et d’enrichir sans cesse ses créations.

Actuellement, l’artiste poursuit ses recherches autour du corps et de grandes toiles en gestation attendent la libération finale

De grand nus masculins

Dans son atelier, de grands nus masculins se déclinent en couleurs et supports variés. «  je travaille depuis quelques années sur le thème du nu masculin. J’ai eu la chance d’avoir un modèle qui posait pour moi. J’aime faire des expériences comme pour ces essais d’encrage avec de la colle à papier peint ou encore ces superpositions de plaques, de tirages. Je varie les formats, du timbre poste au grand papier. Dernièrement, j’avais froid aux pieds et vraiment pas envie de retirer mes chaussures. J’ai donc foulé au mes planches et mon papier avec mes semelles. Le rendu est assez surprenant » indique encore Hélène.

La question de l’exposition

Pour ce qui est de clôturer son passage à l’ARC par une exposition, Hélène n’y pense pas encore. La plasticienne estime  que la finalité de cet atelier n’est pas l’exposition mais le travail de réflexion qu’il a pu engendrer : « Ce qu’il y a de pratique avec cette atelier c’est que l’on réussit assez facilement à séparer temps professionnel et temps de travail personnel autour de ses œuvres. Quand je viens ici, même si ce n’est que quelques heures par semaine, je sais que je vais bien travailler, je vais pouvoir me consacrer à mon ouvrage dans un lieu qui est le mien ».

Au mois de mai, une importante exposition attend Hélène à la mairie de Grande-Synthe. Elle exposera ses œuvres à côté de celles de ses parents René et Jeanne Bessière. Un défi qui la rend nerveuse : « Il faudra que je sois à la hauteur. J’ai besoin de leurs regards mais je le redoute également » avoue Hélène. Cette exposition annoncera la fin d’un cycle pour hélène. Une nouvelle aventure pourra alors commencer.

Frédérique Joly

Nord littoral janvier 2006